Direction l’élection de Paris IV

       Les élections universitaires, sujet maîtrisé par certains et ignoré par d’autres. À l’approche de celles impliquant les futurs élus d’UFR, qui se dérouleront dans le courant du mois de novembre 2016, il est bon de rappeler ce en quoi elles consistent, ainsi que leur importance. Alors au sein d’une faculté, les élections, qu’est ce que c’est ?

     Concernant le jargon technique, il faut savoir que l’université est administrée par deux conseils : Le Conseil d’Administration et le Conseil Académique. Ce dernier est composé lui-même de deux commissions distinctes : la CFVU (la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire) et la CR (la Commission de Recherche). Ils participent tous deux directement à l’orientation politique de l’université. Ces deux commissions au sein du conseil académique concernent respectivement les licences et masters pour l’une, et doctorats et enseignements pour l’autre (tout ce qui concerne, en somme, la politique de recherche).

     Pour être plus à même de saisir l’enjeu des élections à venir, revenons sur ce qu’impliquent ces UFR et dont il en retourne. Il existe, pour ces UFR également, des Conseils. Ils agissent plus localement, et sont donc plus efficaces dans l’application de leurs programmes, permettant ainsi de toucher directement les étudiants.

L’UFR, quésaco ?

     C’est, tout simplement, l’Unité de Formation et de Recherche. Elle est composée des différents départements de formation et des laboratoires de recherche. Par exemple, Paris IV comprend dix- huit UFR (LEA, Histoire, LM, LEMA…). Chacune de ces composantes dispose d’un conseil qui détermine localement la politique de l’UFR, à savoir la capacité de définir les orientations pédagogiques, la création de nouveaux cours, les choix des modalités de contrôle des connaissances, etc. Mais aussi tout ce qui concerne les cours, les examens, les diplômes, le programme adopté par les professeurs, les modalités de stage, la répartition des crédits et ainsi de suite. Tous ces domaines sont soumis au vote du conseil d’UFR. Il s’apparente à un lieu d’échange entre les différents corps représentatifs de l’université (étudiants, enseignants, corps administratif).

    Ces conseils sont donc composés des représentants des enseignants-chercheurs, à savoir des enseignants et des chercheurs; mais aussi des représentants étudiants (titulaires et suppléants, définis après les éléctions) ; des représentants du personnel BIATSS, sans mauvais jeu de mot (Bibliothèque, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Social, Santé), et comprend également des personnalités extérieures ainsi que, la majorité du temps, le directeur de la composante présentant sa liste. Il n’est cependant pas nécessaire que le directeur se présente. Les listes présentées se doivent être paritaires.

     Par ailleurs, lors de ces élections, tous les membres du Conseil sont élus sur liste électorale pour une durée de deux ans, et les élus étudiants pour chaque UFR sont élus uniquement par leurs pairs du même UFR ; les votes sont donc représentatifs, et les listes ne valent que pour l’Unité de Formation qu’elles représentent. De fait, le représentant étudiant élu en conseil d’UFR peut s’apparenter à un délégué de classe à plus grande échelle : il est amené à défendre les intérêts du groupe d’étudiants qu’il représente, à porter leurs idées et rendre compte de leurs problèmes devant le conseil compétent évoqué plus haut, afin d’améliorer les conditions d’études des étudiants. Le tout en participant à la cohérence et à la qualité de l’enseignement. En moyenne, trois conseils se réunissent par an et par composante.

 

Et le reste ?

     Les élections de conseils centraux ayant eu lieu en février dernier et ne se déroulant que tous les deux ans, l’enjeu électoral principal de cette année sera le renouvellement des Conseils d’UFR. À contrario des élections concernant les Conseils Centraux, pour lesquelles, officiellement, seuls les syndicats étudiants ou déclarés comme tels peuvent se présenter ; tout un chacun peut déposer une liste et prétendre être élus aux Conseils d’UFR. Par ailleurs, lors du dépôt de cette liste, il est également possible d’être soutenu, ou supervisé par l’intermédiaire d’un syndicat ou d’une association impliqué dans la vie universitaire.

 

Les intermédiaires de représentation, ou syndicats étudiants

     Il est effectivement plus intéressant d’avoir les syndicats, quels qu’ils soient, comme intermédiaires : ils sont présents dans la grande majorité des UFR et notamment dans les conseils centraux (CA et CAC). Ils peuvent alors faire le lien avec les élus et vérifier que les décisions des conseils d’UFR sont bien appliquées par les instances décisionnelles.

Cinq syndicats sont, à l’heure actuelle, présents à Paris IV dont quatre organisations nationales et une indépendante et locale.
On y retrouve :
– Les Solidaires étudiant.e.s : « fédération des syndicats étudiants de luttes », officiellement très à gauche.

– l’UNEF : l’Union Nationale des Étudiants de France. Considéré comme étant l’un des syndicat étudiant de gauche le plus connu, à travers son importante médiatisation.

– l’UNI : l’Union nationale inter-universitaire, de son slogan «Par l’Éducation, pour la Nation. La fédération de la droite dans l’éducation.», syndicat de droite universitaire très politisée.

– la Cocarde étudiante, scission de l’UNI née à Assas puis développée à Paris IV, référencée en tant que syndicat d’extrême droite «gaulliste et souverainiste», proche de groupuscules tels que l’Action Française, et de partis tels que le Front National.

– l’AGEPS : l’Association Générale des Etudiants de Paris-Sorbonne, syndicat local et indépendant, actuellement majoritaire à Paris IV (53% aux élections de février dernier).

     Pourquoi un syndicat étudiant ? Pour défendre les droits des étudiants, en acquérir de nouveaux, agir sur les conditions d’études (de manière pragmatique : sur le calendrier universitaire, sur les modalités de contrôle des connaissances, quant à de nouvelles formations et ainsi qu’à un niveau plus large, concernant la politique nationale au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR)).
Par quels moyens ? En étant élu par le corps étudiant, tous les deux ans, au sein des deux conseils centraux de l’université (évoqués ci-dessus).
Quels impacts sur les élections d’UFR ? La sûreté d’un poids plus conséquent et bénéfique sur l’application des revendications émises en Conseils.
Enfin, les élus d’UFR n’ont aucune influence sur les élections des conseils centraux. À savoir qu’un syndicat s’engage à prêter son soutien à une liste sans bilatéralisme. Excepté dans la mesure où la liste élue est influente, pouvant ainsi faire balancer les avis.

PACQUIER Antoine
Nb : Remerciement tout particulier à M.Berthier pour sa contribution.

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