Quel avenir pour la mobilité étudiante au Royaume-Uni ?

Le 23 juin 2016 le Brexit est voté par 51,9 % des Britanniques : le Royaume-Uni va sortir de l’Union Européenne après avoir adhéré à la CEE (son ancêtre) en 1973 . Si cet événement historique a déjà produit des effets économiques et politiques, les étudiants européens, et français, sont en droit de se demander quels seront les impacts du Brexit sur la mobilité étudiante en direction du Royaume-Uni.

Il faut tout d’abord rappeler que le Royaume-Uni est la première destination choisie par les français dans le cadre du programme Erasmus +, et la seconde dans le cadre d’Erasmus ; à titre d’exemple 6800 étudiants français ont effectué un programme universitaire outre Manche en 2014.

Dans un premier temps, le Brexit ne devrait plus rendre éligible les établissements Britanniques aux bourses de mobilité du programme Erasmus + ; le Royaume-Uni devra renégocier un statut spécial auprès de l’Union Européenne, ce qui est notamment déjà le cas de la Norvège et de la Suisse. Toutefois, ces négociations restent hypothétiques et les accords devront se faire au cas par cas. Si elles ont lieu, les discussions promettent d’être longues entre Westminster et Bruxelles.

Ensuite, il n’est pas impossible que les étudiants français auront l’obligation de disposer d’un visa afin de séjourner et d’étudier aux Royaume-Uni. Si cette possibilité semble difficile à croire, Jean-Luc Sauron, professeur associé de droit européen à l’université Paris-Dauphine, rappelle que « C’est une option envisageable, dans la mesure où les tenants du Brexit agitent la menace d’un contrôle aux frontières ». Cette contrainte administrative et la difficulté des démarches qui en découlent, font d’ailleurs craindre un certain découragement de la part des étudiants pour cette destination.

Le Brexit pourrait également avoir un effet sur le montant des droits d’inscription déboursés par les étudiants français se rendant dans les universités britanniques. Jusqu’à présent, ceux-ci paient des frais d’inscription moins élevés du fait de leur statut de citoyen de l’Union Européenne ; mais à terme les étudiants français seront traités comme « étudiants internationaux », et ainsi ils devront s’acquitter d’une somme bien plus élevée, pouvant aller jusqu’à 11 700 €.

Enfin, le Brexit risque de poser une dernière problématique, et pas des moindres ; il s’agit de la reconnaissance des diplômes universitaires qui seront obtenus au Royaume-Uni. Aujourd’hui, un tel diplôme décroché au sein d’un Etat membre de l’UE est reconnu systématiquement par les 27 autres pays grâce au système d’ECTS. Avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les établissements français et britanniques devront signer ensemble des accords de reconnaissance des diplômes universitaires.

Néanmoins, malgré toutes les difficultés qui semblent s’annoncer et les problèmes nouveaux qui vont sûrement se poser aux étudiants français, il faut les rassurer. En effet, toutes ces problématiques restent hypothétiques et peuvent ne jamais se réaliser. De plus, comme l’a confirmé Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’universités, le Brexit n’« aura pas de conséquence pour l’année universitaire en cours ou en 2016-2017 ». Enfin, pour que le Brexit produise des effets, il faut encore que celui-ci devienne ; or ce n’est pas le cas et cela ne devrait pas changer dans l’immédiat.

Alors, quelles seront finalement les répercussions du Brexit pour les étudiants français ? Quel avenir pour la mobilité étudiante au Royaume-Uni ? La question reste ouverte …

Jules Gallezot

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