Le 13 septembre 2017 le Comité International Olympique (CIO) s’est réunie à Lima et c’est officiel : Paris organisera les Jeux Olympiques de 2024 et Los Angeles ceux de 2028! Depuis l’annonce de la candidature de Paris, de nombreuses réactions positives mais aussi négatives ont vu le jour. Ainsi, que ce soit d’un point de vue économique, culturel ou encore social, PARIS 2024 pose un véritable débat et de véritables oppositions. Mais pourquoi ?

 

100 ans : C’est le nombre d’année entre les derniers JO organisés à Paris et ceux prévus en 2024 ! Assez drôle quand on sait qu’en 1924 Paris s’était aussi battu contre Los Angeles (ainsi que Barcelone, Prague, Rome, Lyon et Amsterdam) pour obtenir les jeux olympiques.

 

Le coût : Organiser les jeux olympiques représente évidemment un coût et reviendrait à 6,6 milliards d’euros d’après les estimations établies par le Comité Français du Sport International (CFSI) dont 3 milliards permettrait la création d’infrastructure et 3,6 milliards seront consacrés aux jeux uniquement. Ce budget donne lieu à de nombreux doutes : certains déduisent qu’une baisse du budget des services publics s’effectuera et malheureusement une hausse des impôts par la même occasion. Le plus grand débat se situe sur l’après JO : les estimations faites pour les organisations sportives de ce genre ne sont jamais vraiment respectées ; la Coupe du Monde au Brésil en 2014 devait rapporter 1,8 point de PIB au pays mais le pays n’a fini l’année 2014 qu’avec 0,14% de croissance qui n’a pas du s’améliorer à la vue du déficit annoncé pour les JO de Rio. D’autres pays se sont retrouvés en situation économique critique après avoir organisés des Jeux Olympiques tel que la Russie qui avait annoncé un budget similaire à la France pour au final dépenser près de 30 milliards d’euros pour ses JO d’hiver de 2014  (50 milliards officieusement). En effet, les budgets sont souvent sous-estimés pour rendre la candidature plus attractive ce qui donne lieu à un véritable fossé entre ce qui était prévu et ce qui a été dépensé. Des pays se sont ainsi endettés sur de nombreuses années comme Munich en 1972 et Montréal pour les JO de 1976 et peu de pays organisateurs ont présenté un bénéfice : Los Angeles en 1984, Barcelone en 1992 et Atlanta en 1996.

Les transports : qui dit JO dit affluence et donc flux continuel de touristes dans les transports déjà bondés de l’Ile de France, on s’en réjouit ! PARIS 2024 sera cependant l’occasion pour la ville de Paris de procéder à la rénovation de certains de ses transports et de certaine gare comme la Gare du Nord ainsi que la création de nouvelles lignes comme le Tram Express Ouest entre Saint-Cyr et Saint-Germain-en-Laye.

Le Comité International Olympique : Si tout semble bien rose en apparence, les Jeux Olympiques, organisés tous les 4 ans, présentent une côté plus sombre; de nombreuses personnes comparent le CIO à une sorte de mafia qui imposerait des règles bénéfiques à son organisme au mépris du droit local. Similaire à la FIFA qui avait imposée la vente d’alcool dans les stades brésiliens pour le mondial 2014 (alors qu’il y est illégal de vendre de l’alcool dans les stades depuis 2003) ou remis en question la vente de billets à tarifs réduits pour les populations défavorisés imposant ainsi sa propre loi sur le gouvernement élu. Au dernier JO de Londres, le CIO a imposé l’utilisation de la carte VISA au détriment de la MasterCard par simple sponsoring. De plus, ces deux organisations ont presque systématiquement gain de cause lorsque leur règle rentre en contradiction avec les lois du pays organisateur : on s’en réjouit aussi ! (pour plus d’infos sur ce point : http://alencontre.org/societe/cio-et-fifa-les-etoiles-jumelles-du-fleau-sportif-mondial.html )

La lutte contre le changement climatique : Autre argument et pas des moindres ; comment prétendre lutter contre le changement climatique et organiser un des évènements les plus prolifique en terme de consommation d’énergie. En effet, les évènements sportifs de cette envergure génère une quantité astronomique de CO2 (déplacement des sportifs etc.) comme l’affirme l’organisme World Wide Funde for nature : par ex, le tournoi de Roland-Garros produirait environ 156 000 tonnes de CO2. Argument assez facile à contrer quand on sait que PARIS 2024 pense centrer sa lutte contre le changement climatique au centre de ses JO. En effet, comme le dispose l’organisme WWW partenaire de PARIS 2024 : « Paris 2024 vise une réduction de 55% de l’empreinte carbone par rapport aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres en 2012 », « Grâce à une politique de transports propres, l’empreinte écologique liée aux déplacements des spectateurs ne représentera que 40% de l’empreinte globale. Quant au Village Olympique et Paralympique, il sera composé de bâtiments éco-responsables. Exemplaire, il sera alimenté par 100% d’énergies renouvelables et visera un objectif de zéro déchet. ».

 

 Les structures : Le point fort de la candidature de Paris concerne les structures. En effet, 80% des infrastructures existent déjà/ ont déjà été rénovées ou sont en cours de rénovation: le Stade de France construit pour accueillir la finale de la coupe du monde 1998 de football, Rolland Garros, l’hippodrome de Longchamp, le Parc des princes déjà rénové à l’occasion de l’EURO 2016, Bercy Arena dont la rénovation a été achevée en 2015, le golf national de Saint Quentin en Yvelines etc. Il ne manque ainsi que peu d’infrastructure et PARIS 2024 propose la mise en place de structures  temporaires présentant ainsi un gros avantage sur le long terme : le beach-volley au champ de mars, le cyclisme au château de Versailles, l’escrime au grand Palais déjà expérimenté en 2010 pour les championnats du monde, tir à l’arc aux invalides etc. Un plus quand on sait la difficulté de la reconversion de certaines infrastructures crées pour les JO (le « nid d’oiseau » à Pékin n’est jamais remplis et ne parvient pas aujourd’hui à couvrir ses coûts d’entretien ou encore les sites olympiques abandonnés en Grèce après les JO de 2004).

 

 

Tourisme et Soft power Français : les JO attirent bien évidemment de nombreux touristes ce qui sera l’occasion pour la France de mettre en avant sa culture, ses valeurs et mettre en avant l’image du pays aux yeux du monde. Les JO ont ainsi pu permettre de redorer l’image de certaines villes comme Barcelone et de la rendre plus attractive (les JO ont transformé la ville et ont aussi permis à Barcelone de s’ouvrir sur la mer Méditerranée). Le tourisme présente aussi de nombreux points positifs puisqu’il permettra économiquement d’enrichir principalement les commerçants (office de tourisme, agences de voyage, restaurateurs, hôteliers etc.)

Le projet du Grand Paris : Les jeux olympiques de 2024 ne se dérouleront pas uniquement dans Paris mais aussi en Seine Saint Denis ; ainsi le département va bénéficier de trois milliards d’euros d’investissements pour permettre la construction d’un village olympique, de deux piscines, deux grandes gares etc. Paris 2024 permettra donc de réaménager totalement le nord de Paris en réorganisant ainsi l’ouest de la Seine Saint Denis accélérant ainsi considérablement le projet du Grand Paris. Le village olympique sera ensuite transformé en logements individuels ce qui fait naitre des avis divergents: d’après une étude du cabinet  JLL « Le Village olympique comprendra plus de 3.000 logements, dont 900 pour les étudiants, et logements spécifiques, deux hôtels, 100.000 m² d’activités économiques et 17.000 m² de services et autres activités » de quoi convenir à tout le monde. Mettant ainsi fin au scepticisme lié à la transformation du village olympique de Rio en logement luxueux.

Un instrument médiatique : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les jeux olympiques ne sont pas uniquement un événement sportif mais aussi un évènement qui permet au pays organisateur de mettre en avant des points qui lui semblent importants : le cas des réfugiés, le chômage, le changement climatique etc. Les Jeux olympiques présentent aussi un fort impact médiatique ; ainsi les JO de Londres et leur slogan de campagne « Britain is great » a permis à l’Angleterre de faire un appel à venir s’installer à Londres à tous les étudiants, les dirigeants de start-up du monde entier ainsi qu’à tous les dirigeants des entreprises mondialisées etc.

PARIS 2024 présente ainsi de nombreux avantages mais aussi de nombreux points négatifs venant entacher cette candidature. Néanmoins, les mauvais cotés qui sont davantage économiques seront très vite effacés par l’effervescence que génère ce genre d’évènement : il n’a qu’à voir l’impact qu’a eu l’EURO 2016 sur la population.

Laura MASSON

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