Dans la tête d’un écrivain de l’imaginaire

Un roman n’est pas seulement constitué de mots et de lettres. Ce qui le caractérise, ce sont les sensations qu’il peut faire ressentir à ses lecteurs. Un bon auteur sait faire naître le frisson, il sait divertir, mais aussi faire oublier. Lire un roman, c’est quitter un quotidien pour se plonger dans le monde fascinant de l’imaginaire.

Ne vous est-il jamais arrivé de refermer un bouquin et de vous demander comment l’auteur a-t-il réussi à imaginer une telle histoire ? Comment a-t-il fait pour que tout s’enchaîne si bien ? Même trop bien ? De quoi est-il fait ? Comment écrit-il ?
Dans cet article, je vais tenter de vous éclairer sur les conditions de réalisation d’un roman et tout particulièrement de l’univers fantastique.

Pour Roger Caillois, « Tout le fantastique est rupture de l’ordre reconnu, irruption de l’inadmissible au sein de l’inaltérable légalité quotidienne ».

Ce texte est un mélange d’informations recueilli lors de mes recherches et est purement fictif. Mais pour au mieux vous montrer ce qu’il se passe dans l’esprit complexe d’un écrivain de l’imaginaire, je vous propose de pousser les portes de ses pensées les plus profondes.

Pourquoi l’imaginaire ? « Pour la liberté » répond l’auteur.

« Vous savez, écrire de l’imaginaire est éprouvant. Votre cerveau est constamment en activité. J’aime être seul, j’aime me plonger dans un bouquin, passer des heures devant des films. Quand je me balade dans la rue, c’est comme si tout ce que je voyais, chaque immeuble, chaque personne, chaque plante entrait dans mon univers. Comment vous décrire ça ? Voyez-vous, c’est comme si d’un coup, tout le paysage, tout ce qu’il y avait autour de vous devient flou, tout se transforme pour venir prendre part à votre roman. Le vieux Monsieur barbu au coin de la rue devient un personnage de votre roman. La banque qui se trouve en face de vous se transforme en véritable repère de bandit. J’imagine, tout le temps. Je suis dans ma bulle, j’y vis. A chaque instant. Il ne se passe pas un instant où j’imagine une autre réalité, un autre monde. Mon imagination, je la façonne de toute ce qui m’entoure et pour ne pas vous mentir, c’est assez fatiguant. Je griffonne sur mon cahier des idées qui me passe par la tête, je construis un scénario, le vis, l’expérimente, le modifie. Etre écrivain de l’imaginaire, c’est tout tester, savoir ce qui va plaire ou non, c’est vouloir transmettre sa passion. Des fois, je me risque à l’écriture d’un roman, sans essai, sans note, simplement en suivant des idées qui me viennent. Et vous savez quoi ? C’est ce que je préfère. Etre devant mon ordinateur, pianoter sur mon clavier, créer des personnages.
Ecrire, c’est ma catharsis. C’est une passion, un moyen d’expression. Par écrit, vous pouvez dire ce que votre bouche n’arrive pas à formuler. C’est assez magique comme sensation. Ca vous purge. Un véritable voyage.
Lorsque je pense un roman, c’est-à-dire élabore un plan, une ligne directrice, je songe d’abord à un univers, un décor. Puis me vient un personnage, puis un second auxquels s’ajoutent plusieurs autres. Je réfléchi aux liens qui pourraient ou non les unir.
Ce qui est bien quand tu inventes tes personnages, c’est que tu mets en eux toutes tes frustrations, ce que tu es, ce que tu n’es pas et ce que tu aimerais être.
Ecrire de l’imaginaire, c’est une liberté jouissive. Je prends la réalité et je la transforme, je l’améliore, la remanie, supprime règles et conventions, en créer de nouvelles et tout cela, sans aucune limite. Pas besoin de se justifier, de savoir si tel ou tel mot est adapté pour l’époque. Voilà, quand j’écris, je suis libre. Mais cette liberté est dangereuse. Je n’arrive plus à m’arrêter et quand, par fatigue, je n’arrive plus à garder les yeux ouverts, je quitte l’écran de mon ordinateur, ma tête est toujours là-bas. Dans mon monde. Aux confins de ma création.
Mais si, en tant qu’écrivain de l’imaginaire, je jouis d’une certaine liberté, la fabrication, la rédaction de mon roman n’en est pas moins complexe. Malgré cette liberté, il ne faut pas oublier de garder une certaine cohérence. Comment retenir l’attention du lecteur dans le cas contraire ? Ces ailes que nous donne le style de l’imaginaire ne doivent pas nous emporter trop haut. Il faut que le fruit de nos idées, que notre travail, soit agréable à lire, que le lecteur ait envie de continuer, de se plonger dans notre univers. Il faut qu’il oubli de s’arrêter de lire, comme nous oublions d’arrêter d’écrire. Il faut qu’on capte son attention, qu’on l’aide à s’envoler, qu’on le prenne sous nos ailes.
Quand j’écris, j’insère dans mon roman mes désirs les plus fous, je suis comme un marionnettiste de réalité. Je fais ce que je veux. Les destins de mes personnages, de mes marionnettes, sont entre mes mains.
Mais n’oublions pas les sensations. C’est ce qu’il y a de plus beau dans un bouquin ne trouvez-vous pas ? Jouer avec ses lecteurs, avec leurs émotions. Pour chaque passage que j’écris, j’écoute une musique différente. Un peu plus rythmée quand l’action monte, aux rythme des tambours quand elle est à son apogée. Je n’écoute que des musiques instrumentales, lyriques ou symphoniques. Mais chaque écrivain à ses conditions de travail. Je suis plus musique et café durant une douce nuit alors que d’autres tendent vers un endroit bruyant en pleine journée.
Pour revenir aux sensations dont je vous parlais tout à l’heure, je vais vous donner un exemple. Prenez les fins de chapitres des livres. Une fin de chapitre est réussie si votre lecteur ne peut attendre le lendemain matin avant de poursuivre votre lecture, il est en haleine, ne peut s’arrêter. Eh bien voyez-vous, pour moi, les dernières pages d’un roman sont les plus importantes, la dernière phrase étant primordiale. N’avez-vous jamais fermer un livre en disant « Wahou… » ? Vous n’avez jamais eu le souffle coupé ? C’est rare, et c’est ce qui fera que vous vous souviendrez de ce roman. Parmi tous les livres que vous avez lu, c’est celui là qui retiendra votre attention ; par sa fin majestueuse. Une fin de roman peut faire naître en vous tout un tas de sensations ; frustration, déception, interrogation, ou encore fascination.
Ce que j’aime dans le style du fantastique c’est l’absence de limites et l’oubli de la réalité.
Je suis écrivain de l’imaginaire et dans ma tête, c’est un véritable puzzle. Je vis dans mon monde, je suis complètement déconnecté. Je ne me sens nulle part à ma place. Je suis bien seulement devant mon ordinateur, mon casque sur les oreilles.
Je veux faire partager ma passion avec les autres, les inviter à rentrer dans mon monde, à partager. J’espère réussir un jour à leur donner l’envie d’écrire, comme j’ai attrapé ce besoin vital d’autres grands écrivains. Tous ne sont pas aussi déconnectés que moi, mais je n’arrive pas à penser à autre chose. Je suis introverti, attiré par le monde de l’imaginaire. Ma vie est un film constant qui ne s’arrête jamais. Je ne sais pas si un jour, je perdrais cette passion. Mais je ne pense pas. Je n’ai pas peur du syndrome de la page blanche car j’ai toujours quelque chose à rêver. Je n’en ai pas peur car l’imaginaire est un monde sans limite. Je fais parti du monde des rêveurs, de ceux qui refont le monde. »

Manon PALLO

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