Nous avons décidé de traiter du dernier film de Martin Scorsese car il permet de se questionner sur des sujets importants actuels.

L’histoire se déroule au 17ème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et où ses fidèles sont persécutés. Ils devront mener, dans la clandestinité, cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

C’est un très beau film comportant quelques longueurs (avec ses 2h45, il y avait de fortes chances).
En effet, on remarque une répétition des passages où les fidèles chrétiens doivent marcher sur l’image d’un Saint ou du Saint-Esprit. La redondance de cette scène fait que l’on s’accoutume à ce geste. La scène étant montrée au moins quatre fois, on ne ressent plus la souffrance que ce geste procure aux fidèles, que l’on force à marcher sur le Christ. Pourtant, la première fois, on peut considérer ce geste comme symbolique, geste qui refoule la croyance, mais du fait de la répétition de ce geste, il perd en signification.

 

De plus, on finit par se questionner sur le sens de ce geste. En effet, la foi profonde ne réside pas dans l’image qu’elle renvoie mais dans la pensée de celui qui la pense. Ce n’est pas parce que l’on marche sur l’image du Christ, de plus en étant forcé, que la foi de celui-ci n’est pas véritable.

Ainsi, nous trouvons que Scorsese insiste lourdement sur ce geste, qui résume la foi simplement à une image, à l’apparence.

Ensuite, le film est contemplatif, avec de très belles images, notamment celles où les persécuteurs arrivent dans la brume comme sortant des ténèbres, venant massacrer ceux qui ne pensent pas comme eux. Les grandes étendues enferment les personnages, les rendent tout petits par rapport à cette nature immense que Dieu a créée.

Les personnages sont intéressants, cependant leur traitement est un peu maladroit notamment lorsque Scorsese fait une analogie entre le visage de Rodrigues et celui du Christ. L’effet de surimpression de son visage avec celui du Christ dans l’eau n’est pas très subtil, cet effet n’était pas nécessaire. La voix off, de la pensée de Rodrigues, par-dessus la séquence aurait été suffisante.

Cependant, ce film reste intéressant car on ressort avec de nombreuses questions et interrogations, notamment une qui est toujours, et malheureusement d’actualité : comment un peuple peut se montrer aussi barbare envers les siens pour avoir choisi une autre religion que la sienne ? Cette question est toujours d’actualité, notamment avec l’amalgame fait par certaines personnes entre la religion musulmane et les extrémistes djihadistes.

 

Ambre Nowak & Constance Rabaud

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